INTRODUCTION AUX EPREUVES
a. écrit :
L'épreuve porte sur un "corpus" de trois ou quatre textes choisis en relation avec un des objets d'étude; mouvement littéraire (généralement l'humanisme et la Renaissance ou le mouvement des Lumières), la poésie, le théâtre, l'autobiographie ou l'apologue à visée argumentative.
Le candidat doit lire des textes, complétés éventuellement par un document visuel, toujours subordonné aux textes. Il doit répondre à une question notée sur 4 points ( et à deux questions notées sur 6 points pour les séries technologiques) et traiter ensuite un des trois sujets d'écriture qui lui sont proposés: - un commentaire d'un des textes - une dissertation - une écriture dite d'invention.
Il importe de bien distinguer l'esprit de ces épreuves de celles du brevet dont elles constituent en quelque sorte le prolongement. En fait, le commentaire attendu s'apparente aux questions posées au brevet mais alors que pour le dernier examen, l'exercice est "dirigé" et prend la forme d'un questionnaire, pour le baccalauréat en revanche le candidat est livré à lui même en face du texte et les questions de nature à orienter sa réflexion sont ramenées d'une quinzaine à deux ou une seule. Cela dit, un entraînement efficace consiste justement à reprendre un sujet de brevet, dont le texte est généralement d'une qualité littéraire et d'une difficulté moindre, pour l'étudier au niveau d'une classe de première.
L'esprit de l'épreuve écrite impose un choix entre les trois exercices d'écriture. Le commentaire étant l'exercice réputé noble (ce qu'il ne sera plus en philosophie), la dissertation exercice réputé typiquement français (à juste titre) qui est choisie par un nombre croissant d'élèves, et l'écriture d'invention qui ne doit surtout pas faire l'objet d'un choix "par défaut". Le dernier exercice s'apparente à la rédaction du brevet mais en réalité il s'en distingue puisque l'on attend des élèves le respect de consignes qui ne sont pas expressément indiquées: respect du support utilisé, de l'identité de l'énonciateur, de celle du destinataire etc.
b. oral :
L'épreuve comporte une préparation de 30 minutes et dure 20 minutes; dix étant consacrées à l'explication d'un texte choisi par l'examinateur et dix étant réservées à l'entretien, pour compléter l'explication ou pour mettre le texte en perspective avec l'objet des études.
LES EPREUVES : QUELLES COMPETENCES POUR LE CANDIDAT ?
a. écrit
La candidat doit être capable de traiter la ou les questions qui lui sont proposées en les considérant par rapport au travail d'écriture qui en constitue le prolongement mais qui ne doit pas en être une reprise. Il doit être capable d'organiser un développement cohérent qui ne sépare pas la forme et la signification. Son esprit doit être capable d'observation et donc d'étonnement pour relever des expressions ou des mots qui doivent constituer autant d'indices dont il doit proposer une interpretation qui peut être personnelle mais qui doit être rendue acceptable et paraître plausible.
b. oral
A l'oral les compétences attendues sont du même ordre. L'expérience montre que la difficulté majeure consiste pour le candidat à parler dix minutes devant l'examinateur. En lycée public et en lycée privé, l'effectif ne permet pas au professeur d'offrir à chaque élève la possibilité de s'exprimer oralement pendant dix minutes même une seule fois dans l'année.
LA PREPARATION SPECIFIQUE
La préparation spécifique trouve ainsi sa justification :
a. écrit
Elle permet de trouver un compromis au cours magistral en classe où l'élève n'est pas sollicité personnellement et le devoir sur table, l'examen blanc ou le véritable examen où sans transition il est placé seul à seul en face d'un texte. La préparation spécifique peut être conçue comme une "interface" ou un "sas" entre deux moments, où l'élève a un statut intermédiaire entre celui de récepteur et d'émetteur.
b. oral
Surtout quand son établissement n'organise pas d'examens blancs avec un examinateur extérieur à l'établissement ou membre du personnel de celui ci, l'élève peut s'entraîner à s'exprimer pendant des laps de temps d'abord très courts puis de plus en plus proches de la durée de dix minutes imposée.
Dans les deux cas, l'objectif est de "décrisper" l'élève en le plaçant dans une situation particulière: ni en classe, ni en salle d'examen, ni élève, ni candidat, mais un individu dans le cadre familial qui constitue pour lui un repère et qui peut être un lieu privilégié pour transformer peu à peu uen figure "libre" en figure "imposée".
METHODOLOGIE DE LA PREPARATION
La méthodologie découle des remarques précédentes.
Pour l'écrit et l'oral, il convient moins de mettre l'élève "à l'aise" que de lui permettre de comprendre les textes et les épreuves de l'intérieur. Mais aussi de lui faire comprendre la légitimité de certaines exigences de l'extérieur, en expliquant le comportement de l'examinateur et du correcteur.
Certes, il est toujours bon d'écrire lisiblement, mais l'élève sera plus sensible à cet impératif en considérant le travail de l'examinateur qui devant un lot important de copies est très receptif à l'effet de "halo" (présence régulière ou absence non moins régulière d'alinéas, ponctuation variée, paragraphes de longueurs comparables). De tels éléments constituent toujours pour l'examinateur des indices favorables ou défavorables.
L'inspection générale des lettres place très en haut un livre récent: "comment améliorer des oeuvres ratées?" L'auteur montre que de grands écrivaisn ont "raté" certains textes en négligeant certains détails, mais que l'équilibre peut être rétabli au prix de légères modifications (passage du "je" au "il", de l'octosyllabe à l'alexandrin, par exemple).
La préparation spécifique permet de transformer les coups "manqués" ou les coups "d'essais" en coups sinon de maître du moins appréciables par le maître.On peut envisager, en tenant compte du tempérament de chacun, c'est à dire de son idiosyncrasie une préparation "intensive" (concentrée sur une ou deux semaines de vacances) ou "extensive" (distribuée de façon régulière sur plusieurs week-end).
Dix ou vingt heures constituent une durée adaptée à l'entrainement.
a pour l'écrit, on est en mesure de traiter au moins un sujet de chacun des objets d'étude, cinq au total.
b pour l'oral, on peut proposer autant d'explications et d'entretien en "simulation", sur chacun de ces mêmes objets d'étude.
La préparation spécifique ne doit pas "doubler" ni encore moins "redoubler" celle qui est dispensée dans l'établissement d'origine, public ou privé. Elle doit s'inscrire dans le cadre de la "rupture", rupture avec la pratique scolaire constitutionnelle au profit d'une pratique plus personnelle par rapport à l'élève et plus intime par rapport aux textes. elle se distribue selon le schéma suivant :
|
écrit |
oral |
compréhension |
lecture des textes |
questions de l'examinateur |
production |
réponses aux questions, travaux d'écriture |
explication exposé |
NB: Le volume horaire alloué à chacun de ces objectifs peut être négocié avec l'élève pour coller au plus près de ses préoccupations et de ses besoins.
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